Decidim
Découvrez la plateforme Decidim, son histoire, sa philosophie et ses fonctionnalités !
Histoire de Decidim
Bref rappel historique
Pendant sa présentation publique en septembre 2015, Decide Madrid, une plateforme de participation numérique lancée par le Conseil municipal de Madrid et basé sur le logiciel Consul, commença à expérimenter plusieurs démarches participatives tels que les débats publics et les propositions de citoyens. Lancé par la mairie de Barcelone, le projet Decidim Barcelona, qui était aussi basé sur Consul avec d’importantes modifications et adapté à de nouveaux besoins, fut présenté en février 2016. Son objectif originel était de coordonner le processus participatif de rédaction du Plan d’Action Municipal (PAM) ainsi que d’autres qui naîtraient dans la ville dans le futur.
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Environ 25 000 personnes s’inscrivirent en deux mois, 10 680 propositions furent formulées, 410 réunions publiques se déroulèrent et plus de 160 000 votes furent récoltés. De ce fait, un espace de collaboration et de délibération fut ouvert entre les citoyens, les organisations de la société civile et le Conseil municipal de Barcelone.
De nombreuses municipalités exprimèrent leur envie de mettre en oeuvre des processus similaires, tirant profit de la technologie utilisée, étant donné son succès et le fait qu’elle soit libre et réutilisable. Plus spécifiquement : le conseil municipal de La Corogne, à travers sa plateforme de budget participatif A Porta Abierta ; celui d’Oviedo, avec Consulta Oviedo et son espace dédié aux propositions des citoyens ; et enfin le conseil municipal de Valence avec decidimVLC, pour la préparation des budgets participatifs. Il y eut aussi de nombreux exemples d’autorités locales et d’autres institutions qui montrèrent un grand intérêt pour le projet decidim.barcelona et sa mise en oeuvre, comme les conseils municipaux de L’Hospitalet, Badalona, Terrassa et Gavà ainsi que le Conseil provincial de Barcelone et le Consortium Localret.
Cette série de changements et d’adaptations entraîna un nouveau besoin technologique nécessitant l’adaptation d’une technologie devant assurer l’indépendance, la diversité des autorités locales et la durabilité à moyen-terme de la plateforme. Fut alors déterminée une stratégie de développement décentralisée (modulable) et évolutive, ce qui rendit le projet entier capable de flexibilité et d’une croissance sur le long terme, mais aussi de générer un développement, un design et une communauté de soutiens appuyés au niveau municipal mais également (plus important encore) intercommunal.
Cela amena le conseil municipal de Barcelone à reconsidérer sérieusement l’architecture de la plateforme et à engager une réécriture complète du logiciel basée sur les principes et les besoins mentionnés ci-dessus. De cette réécriture naquit le projet Decidim, un framework démocratique participatif, générique, basé sur Ruby on Rails, que n’importe quel groupe, organisation ou institution pourrait utiliser avec un minimum de connaissances techniques.
Développement ouvert et logiciel libre
Le projet de plateforme Decidim a été développé avec des logiciels libres (que ce soit lors de sa phase initiale avec Consul ou après la réécriture complète du code) et tout son développement a été effectué de manière ouverte, le rendant totalement traçable et suivi depuis le début.
Sa création grâce au logiciel libre signifie que le code source de la plateforme est sous licence AGPL v3 (GNU Affero General Public Licence), ce qui implique que le code doit intégrer la possibilité d’être consulté, copié, modifié et réutilisé et que la même licence est appliquée à tout travail ou produit qui en serait dérivé. C’est une des licences qui garantissent le plus de liberté et qui mettent en pratique le copyleft. Dans cette mesure, il est parfaitement logique pour les autorités publiques de s’engager clairement en faveur de ce type de logiciel, puisque c’est par ce type de licence que l’on peut recevoir un “rendement social” sur les investissement publics.
“A bright red and blue neon reads “open” by Alex Holyoake on Unsplash
Accédez par ce lien au fichier texte de la licence.
Le copyleft correspond à une large variété de licences qui peuvent être appliquées à des créations logicielles, artistiques et autres. Les soutiens du copyleft voient le copyright comme un moyen de réduire le droit individuel à produire et distribuer des copies d’un travail. Une licence copyleft, de fait, utilise la législation du copyright pour assurer que tous ceux qui reçoivent une copie ou un produit dérivé peuvent utiliser, modifier et même distribuer à la fois le produit originel et les versions dérivées. Dans un sens strictement non-légal, le copyleft est ainsi l’opposé du copyright (Wikipédia, 2017).
Le fait que le logiciel ait été développé de manière ouverte signifie que le processus entier de développement est transparent et accessible. En d’autres termes, chacun peut voir, depuis le début du développement du logiciel, chaque modification, chaque contribution, chaque développeur impliqué, etc. De ce fait, la transparence est en train de devenir un principe fondamental de la participation citoyenne mais également pour le développement de logiciels.
Tout ceci a été effectué sur une plateforme construite pour la collaboration ouverte dans le cadre du développement de logiciels : GitHub. Cette plateforme permet l’accès aux codes et le contrôle du développement du logiciel. GitHub est voué à accueillir des répertoires Git ; il en existe des alternatives, par exemple GitLab.
Open Source Politics a le statut de partenaire officiel du projet Decidim, ce qui nous confère un rôle important dans le développement de l’outil — ce dont nous sommes particulièrement fiers. Nous avons par ailleurs déjà eu l’occasion de déployer des plateformes pour une dizaine d’institutions en France et en Europe.
